FibroScan®
Le FibroScan est une technique qui mesure l’élasticité des tissus du foie, par la propagation d’ondes ultrasonores
Le FibroScan, innovation dans les examens du foie
Un nouvel appareil d’examen, le « FibroScan », est entré ces dernières années en service dans les unités d’hépatologie. Conçu par la société française Echosens, le FibroScan est une technologie aidant les cliniciens à diagnostiquer et assurer le suivi des maladies chroniques du foie.
Cet appareil est destiné à mesurer l’élasticité du foie, en donnant des indications précieuses au médecin traitant sur l’état de fibrose du foie de son patient. L’examen est indolore (comme une échographie), il est très rapide, et évite les biopsies du foie qui étaient précédemment prescrites, notamment pour le suivi de l’état d’avancement de certaines maladies comme la CBP et la CSP. La biopsie reste cependant indispensable pour des vérifications bien spécifiques, comme la confirmation du diagnostic de HAI, mais elle sera de moins en moins nécessaire. Voici un exemple de progrès important pour le bien-être des patients car, si la biopsie n’est pas un examen très difficile à supporter, les malades préféreraient pouvoir l’éviter…
Le FibroScan mesure l’élasticité du foie
Au cours de ces maladies qui sont d’origines diverses (virale, métabolique, auto-immune, alcoolique, …) le foie se détériore lentement évoluant vers la fibrose puis la cirrhose et ses sévères complications. Palper le foie est un geste basique de l’examen clinique. Cet organe était déjà surveillé par les anciens : Hippocrate signalait qu’un foie se rigidifiant était de mauvais pronostic.
Le FibroScan propose une technique, l’élastométrie impulsionnelle vibratoire contrôlée (VCTE), beaucoup plus sensible et précise que la palpation. Elle évalue par un examen rapide, facile à mener et non-invasif, «l’élasticité» ou «rigidité» du foie. [En science physique, l’élasticité désigne la propriété d’un matériau dont la déformation disparaît avec la contrainte qu’on lui a appliquée. Or plus le matériau est rigide, moins il se déforme et plus vite il reprend sa forme initiale.]
Cet examen permet de limiter le recours à la biopsie hépatique (Le volume exploré en est d’ailleurs environ cent fois supérieur). Il peut se répéter à volonté sans risque ni effet indésirable ce qui le rend propre au suivi des maladies chroniques.
La technologie est née il y a 20 ans, avec pour objectif d’évaluer l’élasticité d’un milieu (notamment les fromages !). Son inventeur, Laurent Sandrin, a ensuite répondu à la sollicitation d’hépatologues pour évaluer l’intérêt de cette technologie chez les malades atteints d’hépatite C. Les études ont montré qu’il y avait une bonne corrélation entre l’élasticité du foie mesurée par FibroScan et le stade de fibrose hépatique évalué par biopsie. L’examen est devenu pratique courante. Environ 400 équipements sont aujourd’hui déployés en France.
Le principe du FibroScan
Le FibroScan émet des ondes et mesure deux paramètres quantitatifs :
- L’élasticité du foie, fonction de la rapidité de propagation d’ondes de cisaillement à basse fréquence (50 Hz). Cette élasticité est un indicateur général de la santé du foie. Elle est bien corrélée au degré de fibrose hépatique. Valeur nommée ‘E’ par Echosens sur l’écran de contrôle.
- L’atténuation des ondes ultrasonores dans le foie. Elle est bien corrélée à la quantité de graisse intrahépatique, appelée stéatose. Valeur nommée ‘CAP’ sur l’écran de contrôle.
En effet, la vitesse de propagation d’une onde de cisaillement dépend de l’élasticité du milieu traversé. Cette vitesse augmente lorsque l’onde traverse une structure plus dure. Ainsi dans notre cas, plus le foie sera dur, donc possiblement fibreux, plus la vitesse de l’onde sera rapide.
L’élasticité E se mesure en kilopascals (kPa – unité de contrainte et de pression). Plus elle est élevée, plus le foie est dégradé. La mesure évolue entre un minimum de 1,5 kPa pour un foie parfaitement souple et un maximum de 75 kPa en stade ultime de la maladie. On considère généralement qu’un foie est sain lorsqu’il présente une élasticité inférieure à 6 kPa.
L’atténuation ultrasonore CAP se mesure en dB/m et évolue entre 100 et 400. De même, plus elle est élevée, plus le foie est chargé de graisse.
A quoi ça ressemble ?
La machine n’est pas très encombrante et ressemble à un petit ordinateur. Le dispositif qui permet d’envoyer l’onde dans le foie est tout à fait comparable à celui utilisé dans une échographie.
Il existe actuellement trois modèles de matériel, dont un portatif fonctionnant sur batterie. Tous comprennent sonde(s) et écran de contrôle.
La sonde, reliée par un câble à l’appareil, présente un transducteur, extrémité qui va être en contact avec la peau et transmettre les impulsions ainsi que le signal ultrasonore. Ce transducteur doit être placé entre les côtes du patient examiné. La sonde comporte un bouton, qui permet à l’opérateur de déclencher des mesures consécutives : un vibreur est activé dans la sonde et provoque via le transducteur une petite percussion. A chaque impact, une onde se propage dans le foie. Sa vitesse de propagation est mesurée par ultrasons.
Il existe 3 sondes différentes (taille, fréquence des signaux) pour s’adapter à la morphologie des malades, notamment la distance entre peau et foie : pédiatrique (sonde S), adulte (M) et sujets en surpoids (XL). La machine suggère elle-même la sonde adéquate à utiliser.
Comment se passe l’examen ?
L’examen peut être conduit par un médecin ou un infirmier formés. Mais c’est toujours le médecin qui interprète le résultat, à la lumière des autres données cliniques.
La sonde est placée entre les côtes avec, au point de contact, une petite goutte de gel échographique. L’opérateur doit cibler le centre du lobe droit, guidé pour cela par la machine. L’opérateur déclenche au moins 10 mesures successives, afin d’assurer la qualité du résultat. Toutes ces mesures doivent être effectuées au même point de contact.
L’examen dure en général moins de 5 minutes. Le résultat est immédiat.
Un rapport d’examen est généré automatiquement. Il présente les résultats des dix mesures effectuées, précise le type de sonde utilisée et affiche les deux valeurs E en kPa (élasticité) et CAP en dB/m (indicateur de la stéatose). Le résultat E qui s’affiche en kPa est la médiane des mesures effectuées (valeur qui partage l’ensemble des mesures en deux parties égales, soit 50% des mesures lui sont inférieures, 50% lui sont supérieures). Un indicateur statistique ‘IQR’ (écart interquartile) calcule la dispersion des mesures effectuées. Il traduit l’homogénéité des mesures réalisées et donc la qualité du résultat obtenu. On recommande que l’IQR reste inférieur à 30% de E pour que le résultat soit considéré comme fiable. Le résultat CAP affiché est la moyenne des mesures effectuées, en dB/m (somme des mesures divisée par leur nombre).
Recommandations au patient pour un examen fiable
Il faut que le patient soit à jeun depuis plus de 3 heures ; en effet, pendant le processus de digestion, un flux sanguin plus important irrigue le foie (veine porte). Il est susceptible de causer une congestion transitoire du foie qui augmenterait son élasticité et donc majorerait le résultat de la mesure.
Il est recommandé que le patient reste allongé sur le lit d’examen pendant au moins 5 minutes avant de procéder aux mesures. L’objectif est de stabiliser la pression sanguine autour du foie, perturbée par le passage des positions debout à allongée. Ceci, toujours afin d’éviter de fausser le résultat de la mesure.
Il est recommandé que le patient passe son bras droit sous la tête, la jambe droite sur la jambe gauche et incurve son corps en position demi-lune (thorax tendu vers l’opérateur, tête et jambes déportées dans la direction opposée). Cela permet d’écarter les côtes et donc à l’opérateur de bien positionner la sonde. Il est recommandé que le patient demeure bien à plat sur le lit, sans relever le buste ou la tête, là encore, afin d’éviter un afflux sanguin vers le foie. Le patient peut respirer normalement, sans se mettre en apnée.
Ces consignes sont importantes pour la fiabilité de l’examen.
- Progression des ondes ultrasonores d’autant plus rapide que le milieu est dur, c’est-à-dire que la fibrose est importante (5)
- Indolore, sans risque, et rapide (5 minutes) (5)
- Résultat final (kPa) = médiane de 10 mesures (5)
Concordance entre les scores d’élasticité hépatique (kPa) et les stades de fibrose selon la classification METAVIR (4, 6)


Haute Autorité de Santé. Méthodes non invasives de la mesure de la fibrose hépatique/Diagnostic de la cirrhose non compliquée. HAS 2008
Haute Autorité de Santé. Méthodes non invasives d’évaluation de la fibrose/cirrhose hépatique. HAS 2006.
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